Louis-Ferdinand Céline

Publié le par zalo


  
Louis-Ferdinand Auguste Destouches est pour moi le plus grand écrivain français du XX siècle. Je ne ferai pas de biographie de l'auteur, cela ne me paraît pas intéressant, nombreux sont les sites où on peut en trouver. Je préfère m'arrêter sur ce qu'il me paraît important pour comprendre les oeuvres de l'auteur.

   Plus connu sous le nom de Louis-Ferdinand Céline (prénom de sa grand-mère et l'un des prénoms de sa mère) cet écrivain est aujourd'hui tant controversé qu'aclamé.

   Commençons par parler des détracteurs de Céline. Pour eux, Céline est raciste et antisémite. Il faut, je pense, leur accorder raison sur ce point. Certaines publications ou lettres de Céline parlent d'elles-mêmes. En voici quelques extraits :

    " Les juifs, racialement, sont des monstres, des hybrides, des loupés tiraillés qui doivent disparaître ", L'Ecole des cadavres, Paris, Denoël, 1938, p. 108.

     " Je veux les [les juifs] égorger...Lorsque Hitler a décidé de "purifier" Moabit à Berlin (leur quartier de la Villette) il fit surgir à l'improviste dans les réunions habituelles, dans les bistrots, des équipes de mitrailleuses et par salves, indistinctement, tuer tous les occupants ! [...] Voilà la bonne méthode." Lettres à Marie Canavaggia, Du Lerôt ed., 1995. 

    En 1957, lors d'un entretien avec Albert Zbinden, Céline répond à cette affirmation : "Disons le mot, vous avez été antisémite."

Céline : "Exactement. Dans la mesure où je supposais que les sémites nous poussaient dans la guerre. Sans ça je n'ai évidemment- je ne me trouve nulle part en conflit avec les sémites ; il n'y a pas de raison. Mais autant qu'ils constituaient une secte, comme les Templiers, ou les Jansénistes, j'ai été aussi formel que Louis XIV. Il avait des raisons pour révoquer l'édit de Nantes, et Louis XV pour chasser les Jésuites... Alors voilà, n'est-ce pas : je me suis pris pour Louis XV ou Louis XIV, c'est évidemment une erreur profonde." Entretien avec Albert Zbinden, 1957.

    Céline justifie donc son antisémitisme par soucis d'éviter la guerre, par pacifisme. D'autres raisons peuvent être avancées, l'enfance de Céline est contemporaine de l'affaire Dreyfus ; et son père tient des discours profondément antisémites qui l'ont certainement influencé.
     Il me semble, que Céline n'aime pas l'humanité en général, y compris les juifs. Son aversion pour l'Homme apparaît assez nettement dans ses oeuvres.

     Publications antisémites de Céline (liste non exhaustive) :


 - Bagatelles pour un massacre, 1937. Le propos antisémite n'y occupe qu'environ un tiers de l'ouvrage. C'est dans ce pamphlet, que Céline affiche pour la première fois son antisémitisme. 

 - L'école des cadavres, 1938.
 - Les beaux draps, 1941.

   
    
     Mais si le pamphlétaire est décrié, le romancier connaît quant à lui une gloire toujours en progression.
     Si j'admire Céline c'est avant tout le romancier et non l'homme, même s'il est difficile de séparer les deux, tant les protagonistes de ses oeuvres sont en grande partie autobiographiques. Céline est à l'origine d'un style d'écriture nouveau, à mon avis jamais égalé après lui.

    " J'ai écrit comme je parle. Cette langue est mon instrument. Vous n'empêcheriez pas un grand musicien de jouer du cornet à piston. Eh bien ! je joue du cornet à piston." interview avec Pierre-Jean Launnay, Paris-Soir, 10 novembre 1932.

    Cette citation illustre bien le style nouveau inventé par Céline. La "petite musique" célinienne est un langage familier, empruntant énormément à l'argot, mais qui est le fruit d'un travail minutieux. 
    Dans son premier roman Voyage au bout de la nuit, son style n'est pas complètement développé. Même si l'argot est présent, les phrases sont encore longues. 
   C'est dans Mort à crédit, que Céline trouve son style : des phrases courtes, souvent exclamatives, coupées de points de suspensions. De nombreuses recherches ont commenté l'utilisation de ces points de suspensions, qui peuvent s'expliquer par la volonté de l'auteur de combiner langue écrite et orale.

    Céline voulait rendre ses romans "vivants", il fallait donc que la langue utilisée soit une langue "vivante", ce qu'était l'argot de son temps.

     Oeuvres luesVoyage au bout de la nuit, 1932. Vous trouverez cette oeuvre dans la rubrique "Romans
".
                                                Mort à crédit, 1936. Vous trouverez la critique de cette oeuvre dans la rubrique "Romans".
                                                              

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